Beaucoup de personnes cherchent à obtenir quelques centaines d'euros en laissant leur smartphone en garantie. C'est compréhensible : le téléphone est souvent l'objet le plus cher que l'on a sur soi. Mais un téléphone se déprécie très vite, le montant possible reste faible, et la plupart des enseignes qui affichent « on rachète votre mobile » ne sont pas des prêteurs sur gage : elles achètent l'appareil.
Avant de vous séparer de votre téléphone, il vaut la peine de distinguer ces circuits et de repérer les pièges, nombreux sur ce type d'objet.
Le Crédit Municipal accepte-t-il les téléphones ?
En France, seul le Crédit Municipal pratique le prêt sur gage au sens strict, et chaque caisse fixe sa liste d'objets acceptés. Ces listes mettent en avant les bijoux, l'or, les montres, l'argenterie ou les objets d'art. Les smartphones en sont généralement absents, justement parce que leur valeur s'effondre en quelques mois. Si vous avez un doute, consultez la liste de la caisse concernée ou appelez-la avant de vous déplacer.
Le même principe vaut en Belgique pour le Mont-de-Piété de Bruxelles et en Suisse pour la Caisse publique de prêts sur gages de Genève : chaque établissement publie ses conditions.
Décote et faible montant : ce que vaut vraiment votre mobile
Un prêteur sur gage ne raisonne pas sur le prix payé en boutique, mais sur ce qu'il obtiendrait en revendant l'appareil plusieurs mois plus tard. Plusieurs facteurs réduisent ce prix :
- la sortie régulière de nouveaux modèles ;
- l'usure de la batterie et les micro-rayures ;
- la fin des mises à jour de sécurité pour les modèles anciens ;
- un écran réparé avec une pièce non d'origine ;
- un appareil encore lié à un forfait avec paiement échelonné.
Résultat : même dans le meilleur des cas, la somme obtenue sur un smartphone est faible par rapport à son prix neuf, et les frais d'un éventuel prêt pèsent lourd en proportion.
Achat-revente : une vente, pas un prêt
Les commerces d'achat-revente d'occasion et les bornes de reprise achètent votre téléphone. Certains proposent une faculté de rachat pendant un délai, à un prix supérieur au prix payé. Juridiquement, vous avez vendu l'objet : si vous ne le rachetez pas à temps, il est perdu, sans enchères ni boni. Lisez attentivement le bon d'achat, vérifiez le délai et le prix de rachat, et comparez avec une vente simple.
Ces commerces ne sont pas des établissements de crédit. Ils doivent tenir un registre des objets achetés et contrôler votre identité, ce qui est normal : un vendeur qui ne demande aucun papier est un signal d'alerte.
Arnaques fréquentes autour des téléphones
- faux prêteurs en ligne qui réclament des « frais de dossier » avant d'envoyer l'argent, puis disparaissent ;
- envoi postal du téléphone à une adresse inconnue contre une promesse de virement qui n'arrive jamais ;
- demande de codes : un vrai professionnel ne vous demande jamais vos identifiants de compte, votre code de déverrouillage ou un code reçu par SMS ;
- contrat inexistant ou simple message sur une messagerie ;
- particulier qui « dépanne » contre votre appareil et exige ensuite des remboursements excessifs.
Notre page sur le prêt sur gage proposé sur Internet détaille ces mécanismes, et celle sur le gage entre particuliers explique pourquoi ces arrangements tournent souvent mal.
Téléphone acheté avec un forfait
Un smartphone obtenu à prix réduit avec un abonnement, ou payé en plusieurs mensualités, peut ne pas vous appartenir entièrement tant que le paiement n'est pas terminé. Le céder ou le laisser en garantie ne supprime pas les échéances restantes : vous continuez à les payer pour un appareil que vous n'avez plus. Vérifiez votre contrat chez l'opérateur avant toute démarche, et ne confiez jamais un appareil qui n'est pas soldé.
Préparer son téléphone avant toute cession
- sauvegardez photos, contacts et documents ;
- déconnectez le compte du fabricant et désactivez la fonction de localisation antivol ;
- réinitialisez l'appareil aux paramètres d'usine ;
- retirez la carte SIM et la carte mémoire ;
- notez le numéro IMEI et conservez la facture ;
- exigez un reçu indiquant le modèle, l'IMEI et le prix.
Voiture avec ou sans dépôt : quand elle est une garantie plus adaptée
Pour un besoin de quelques dizaines d'euros, la voiture n'est pas une solution : les frais et les démarches seraient disproportionnés. En revanche, si la somme recherchée est plus importante, un véhicule offre une valeur nettement plus stable qu'un téléphone. Le Crédit Municipal n'accepte pas les véhicules ; le gage automobile passe par d'autres prêteurs.
Avec dépôt, la voiture et les clés sont confiées au prêteur et vous ne pouvez plus rouler jusqu'au remboursement. Sans dépôt, vous conservez la voiture et le droit de l'utiliser, mais le gage est inscrit et empêche toute vente avant la mainlevée. Nos guides sur le gage d'une voiture que l'on garde et sur le gage avec remise du véhicule comparent les deux formules.
Les vraies alternatives pour un petit besoin d'argent
Pour une somme modeste, d'autres pistes sont souvent plus sûres :
- un bijou ou une montre déposé au Crédit Municipal, plus facilement accepté, comme l'explique notre guide sur les bijoux et l'or en gage ;
- une demande d'aide d'urgence au centre communal d'action sociale ;
- un échéancier négocié avec le créancier qui vous presse (fournisseur d'énergie, bailleur, opérateur) ;
- un microcrédit personnel accompagné, pour un projet lié à l'emploi ou à la mobilité.
Si vous êtes fiché ou déjà surendetté, multiplier les petits emprunts aggrave la situation. Un Point conseil budget ou un travailleur social peut vous aider à examiner l'ensemble de vos dettes gratuitement.
Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.
